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Rencontre avec Stéphanie Valentin et Pouiki le cochon

L’artiste Stéphanie Valentin lance une campagne de crowdfunding pour financer la publication d’un livre pour enfant. Celui-ci présentera l’histoire de Pouiki le petit cochon qui a déjà sa comptine. Découvrez ce beau projet dans cette interview.

stephanie-valentin

Stéphanie, comment es-tu devenue une fervente défenseure des animaux ?

Je suis devenue végétarienne il y a une dizaine d’années, sans pour autant m’impliquer activement dans la cause animale. En 2012, j’ai vraiment eu un déclic en découvrant le travail de L214. Je suis devenue végane et j’ai commencé à vendre des toiles au profit associations de protection animale. Depuis je participe à des manifestations, des actions de sensibilisation, des sauvetages et je suis devenue ambassadrice VegOresto. Je pense qu’il y a différentes façons d’informer les gens, suivant leur sensibilité et leur vécu, et je trouve qu’il est intéressant d’explorer toutes ces possibilités afin de provoquer un changement de conscience positif au sein de notre société.
Défendre les animaux me semble tellement évident aujourd’hui que je ne peux pas dire que cela a été un choix conscient et délibéré. Mais je me souviens très bien qu’avant cela, j’étais en plein questionnement quant à l’utilité et au sens de mes créations artistiques. Je me disais : « Comment peux-tu perdre ton temps à créer de l’ «inutile» alors que le monde va si mal ? ». Être aujourd’hui capable de concilier ma passion et mes convictions me donne enfin l’impression d’être cohérente et un peu utile.

Tu es une artiste aux multiples casquettes : graphiste, violoniste, compositrice, chanteuse… Comment penses-tu que l’art aide la cause animale ?

L’art parle davantage à nos émotions qu’à notre mental. De ce fait, une personne qui entre en contact avec une œuvre artistique est plus ouverte et moins dans le jugement que lorsqu’elle écoute un documentaire ou une conférence. Pour moi, c’est une autre façon de communiquer avec les gens. C’est un peu comme si on contournait l’ego de la personne et que l’on s’adressait directement à son moi profond. On se confronte donc beaucoup moins aux préjugés et croyances erronées. Par exemple, je sais que des omnivores ont pleuré ou se sont sentis mal à l’aise en regardant mon clip « Chair Amie » . Je ne sais pas s’ils ont continué à manger de la viande ou à boire du lait, mais une brèche s’est ouverte quelque part qui, un jour peut-être, évoluera vers un questionnement et une certaine prise de conscience.

veganimoPourquoi avoir créé la page veganimo destinée aux enfants ?

Tout d’abord, j’adore les enfants et c’est une joie pour moi de leur faire plaisir. C’est la raison pour laquelle depuis une vingtaine d’années, je travaille, entre autres, dans le développement de jeux et de logiciels ludo-éducatifs. La page Veganimo, de même que le site, se veut avant tout informative et ludique.

Elle s’adresse d’une part aux familles déjà sensibilisées, car elle peut servir de support aux parents pour expliquer leur choix de vie à leurs enfants, mais aussi aux enfants qui veulent en savoir plus ou partager leurs convictions avec leurs amis.

Elle s’adresse bien sûr également à toutes les autres personnes, adultes ou enfants, souhaitant s’informer sans avoir à visionner des vidéos traumatisantes. J’ai eu l’agréable surprise d’apprendre qu’une jeune femme a cessé de consommer des œufs après avoir vu la vidéo de la poulette alors qu’elle avait déjà vu bon nombre de vidéos sur le sujet. J’ai l’impression que mon travail même s’il s’adresse aux enfants parvient à toucher également l’enfant intérieur de certains adultes et j’en suis ravie !

Que peut-on y trouver ?

La page et le site Veganimo ont été créés récemment, au mois d’août. Cela dit, on peut déjà y trouver des comptines, notamment en vidéo, des jeux et des coloriages à imprimer, des recettes végétaliennes, des créations d’enfants concernant la cause animale.

Je projette de réaliser une série de fiches explicatives sur la réalité des élevages, laboratoires, cirques et autres lieux d’exploitation animale, des jeux en ligne et de développer une partie « agir pour les animaux ». J’y parlerai des solutions et des alternatives possibles. Enfin, je partage tout ce qui concerne la cause animale tant que le contenu me parait pertinent et adapté à un jeune public.
J’aimerais également développer un kit éducatif qui pourrait être utilisé par les enseignants, les associations ou autre intervenant en milieu scolaire.

Penses-tu que les enfants sont plus naturellement touchés par le sort des animaux ?

Je suis persuadée que le fait que les jeunes enfants n’aient pas encore été autant formatés que nous les rend beaucoup plus sensibles à la cause animale. Ils ont conservé cette part d’innocence, cette lucidité face à la souffrance des animaux qu’ils ne peuvent naturellement pas accepter. Je crois en leur capacité de s’orienter vers un mode de vie plus juste et plus moral que celui que voudrait leur imposer notre société de consommation. Mais pour cela, il faut qu’ils sachent qu’un autre monde est possible et que d’autres enfants et adultes se préoccupent aussi du sort des animaux.

pouiki

Comment est né Pouiki, le petit cochon ?

Depuis longtemps, j’ai le désir d’écrire un livre qui raconterait la vie d’un animal dans un élevage de nos jours. J’ai remarqué, par exemple, que la plupart des dessins animés ou des livres jeunesse représentent des porcelets vivant heureux et au grand air avec leur maman dans une jolie petite ferme. Or cela n’a rien à voir avec les élevages dans lesquels 95% des cochons français sont enfermés toute leur vie. Bien sûr, à aucun moment non plus, n’est évoqué le triste sort qui les attend.

Je ne supporte ni le mensonge ni l’injustice. On ment aux enfants et on occulte la souffrance des animaux. Je souhaitais donc rétablir la vérité pour le bien des animaux, mais aussi par respect pour les enfants qui ont le droit de savoir.

Est-ce que tu crois que si on l’offre à des enfants omnivores les parents vont mal le prendre ?

Je ne vois aucune raison pour que des parents le prennent mal car le message du livre est positif. Les valeurs qui y sont développées sont la compassion et le respect des autres êtres vivants. De plus, la plupart des gens, même omnivores, sont contre la maltraitance animale. Ils sont donc pour le fait qu’elle soit dénoncée, ce que propose ce livre à travers des illustrations et des images appropriées aux jeunes enfants, sans pour autant que le discours soit culpabilisant.

lucie

Y aura-t-il d’autres livres avec d’autres animaux, comme Lucie, la poulette ?

Tout à fait, dans l’absolu j’aimerais pouvoir parler de toutes les formes d’exploitation animale. En ce qui concerne Lucie la poulette, elle court en ce moment même dans mon jardin. Il s’agit d’une des poulettes du GAEC du Perrat qui ont été sauvées au mois de juin. Elle était maigre, déplumée et boiteuse à son arrivée, mais maintenant elle est en pleine forme. J’ai beaucoup de peine lorsque je pense à toutes celles qui n’ont pu être sauvées et aux millions de poulettes qui sont massacrées chaque année simplement parce qu’on les considère comme de simples machines à pondre. Donc oui, j’aimerais beaucoup plaider leur cause dans un prochain ouvrage !

Pour soutenir le livre sur Pouiki le petit cochon sur ulule, cliquez ici !

Et  découvrez le travail de Stéphanie Valentin sur son site internet.

Que pensez-vous de ce projet autour de Pouiki et du site veganimo ?

2 Comments

  • Reply
    Un Trésor dans mon placard
    4 octobre 2016 at 18 h 22 min
    Une super initiative! C’est important d’expliquer tout cela aux jeunes enfants afin qu’ils puissent comprendre les choses. Merci pour cette découverte 🙂
    • Reply
      Gwen
      7 octobre 2016 at 9 h 38 min
      Oui et c’est vraiment bien fait ! Merci pour ton message, à bientôt 😉

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